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22/03/2013

Christophe Carlier, l'élu des lecteurs de Notre Temps

Lauréat du Prix des Lecteurs de Notre Temps décerné au premier roman écrit par un auteur de plus de 50 ans, Christophe Carlier (52 ans), auteur de L'assassin à la pomme verte,  compose une subtile musique de chambre policière et intimiste dans un palace parisien. Rencontre.

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L’Assassin à la pomme verte, d’où vient ce titre énigmatique ?

Il m’a été inspiré par un tableau de René Magritte, Le Fils de l’homme. Le peintre  représente un homme impeccable, en manteau noir et chapeau melon mais dont, chose étrange, le visage est, en partie, dissimulé par une pomme verte. C’est ainsi que je vois les personnages de ce livre. Magritte expliquait que toute chose ne saurait exister sans son mystère. « Nous désirons toujours voir ce qui est caché par ce que nous voyons », disait-il. Les irréprochables clients du palace parisien, où se déroule l’essentiel du livre, dissimulent quelque chose qui va se révéler dans ce lieu théâtral.

Les jurés du prix ont particulièrement apprécié la forme « claire, nette et concise », que vous employez pour évoquer la face cachée des individus. Vous êtes-vous imposé un cahier des charges pour l’écrire: huis clos, durée limitée, peu de personnages?

J’avais l’intention d’écrire un roman épistolaire. Mais j’ai pensé que la correspondance n’était plus vraiment de notre temps. C’est pourquoi j’ai employé la forme du monologue intérieur où chaque personnage est à la fois narrateur et acteur. Ce n’est pas un huis clos. L’intrigue se déroule dans des lieux de passage parisiens: hôtel, restaurants, bibliothèques. Quant au décompte des jours, c’est une façon d’évoquer la vie en raccourci et en plusieurs vies. Personne ne connaît toute l’histoire, l’ensemble leur échappe.

Les hôtels favorisent-ils l’esprit romanesque ? 

Un grand hôtel comme le Paradise est une espèce de zone franche, l’impunité y est presque garantie. Dans ce lieu de séjour entre parenthèses, on croit pouvoir rebattre les cartes de sa vie. Il m’est arrivé d’assister aux allées et venues de clients d’un palace. En fait, ce roman doit plus à mon sens de l’observation qu’à mon imagination.

Pour vous, le rôle d’un romancier est-il de nous dévoiler la réalité plutôt que d’inventer une histoire?

A mon avis, un roman est réussi quand l’auteur écrit ou décrit quelque chose que nous savons, que nous avons ressenti mais que nous n’avons pas pu ou su exprimer. Alors nous nous exclamons : ah, oui, c’est ça ! C’est un instant de grâce.

Pourquoi avoir attendu 52 ans pour écrire votre premier roman? 

La rencontre avec la romancière Mercedes Deambrosis (2) a été déterminante. Elle avait lu mon essai, Lettres à l’Académie (3).  Elle m’a fait avouer que j’avais un manuscrit oublié dans mon tiroir. Son insistance m’a décidé à le ressortir et à y retravailler. A chacune de nos rencontres elle me disait : « Alors ? ». Mais écrire ce roman a été un long processus. Une fois écrit,  j’ai reçu beaucoup de  réponses négatives jusqu’à ce que Serge Safran le découvre.

Avez-vous des écrivains modèles ou des maîtres ?

Oui, les Margueritte : Duras –pour ce que je ne veux pas faire- et Yourcenar ; j’aime les romans épistolaires. J’admire Balzac.

Vous travaillez à l’Assemblée nationale comme rédacteur de débats. Ce lieu est-il romanesque ?

Oui, l’Assemblée est un lieu théâtral. Il y a un décor, des règles, c’est un monde où les gens jouent la comédie de l’importance. Ils se maîtrisent, se contrôlent comme dans les grands hôtels où les clients sont pleins de leur importance.

Que lisez-vous en ce moment ? 

Bizarrement je lis des premiers romans et toujours les classiques : Stendhal, Balzac, Flaubert… Ces auteurs parlent plus fort.

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(1) L’Assassin à la pomme verte. Christophe Carlier. Ed. Serge Safran, 179p, 15€
(2) Mercedes Deambrosis, romancière, auteur, entre autres, de Milagrosa (Buchet-Chastel 2005) et de Juste pour le plaisir (Buchet-Chastel 2010)
(3). Lettres à l’Académie, (Ed. Les Arènes 2010), un choix édifiant de lettres de postulants à l’Académie Française.

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Le Prix des Lecteurs de Notre Temps est attribué chaque année au premier roman d’un auteur âgé d’au moins cinquante ans. Le jury est composé de dix lectrices et lecteurs de Notre Temps choisis d’après leur lettre de candidature. Le jury est renouvelé chaque année. Les précédents lauréats ont été:

- Jean-Michel Guénassia pour Le Club des incorrigibles optimistes (Albin Michel).

- Claudie Hunzinger pour Elles vivaient d’espoir (Grasset)

- Virginie Deloffre pour Léna (Albin Michel)

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