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Jean-Michel Ulmann Jean-Michel Ulmann

Un parfum de livre


Aussi loin qu'il m'en souvienne, pour moi, lire est associé à un parfum: celui de la poudre de riz de ma grand-mère maternelle. C'est elle qui m'a ouvert à la lecture dans la méthode Beucher, Robin des Bois et Till l'Espiègle. Quand elle se penchait sur moi pour m'accompagner de tout son cœur dans cet apprentissage, je respirais cette odeur fraîche et sucrée. Je ne suis jamais vraiment redescendu de ce petit nuage de félicité. Chaque année à Noël, elle m'offrait un livre qui était tout autant une découverte de la géographie du monde que la présentation de la nature humaine: Les rendez-vous du diable d'Aroun Tazieff, Vingt mille lieux sous les mers de Cousteau, Pôle sud avec Paul-Emile Victor, Les Conquérants de l'inutile avec Gaston Rebuffat. Ces aventuriers pacifiques ont composé un Panthéon qui fut bientôt complété par celui de l'Olympe et de l'histoire de France avec les fameux Contes et Récits. Premier de cordée, Les Trois Mousquetaires et des Misérables m'ont émancipé. J'ai commencé à lire de mes propres ailes. J'avais aussi une ambition littéraire: remplir une bibliothèque que j'avais héritée de mon autre grand-mère. Je donnais alors dans le linéaire et les séries. Quelle fierté de voir tous les dos de livres alignés au garde-à-vous sur les planches du meuble. C'était mes petits soldats de papier.

La suite logique de cette lecture méthodique fut de travailler au « Bureau des bibliothèques de la ville de Paris». Passé ce bref épisode administratif et municipal et suivi de quelques parenthèses mécaniques et commerciales, je suivis l'exemple des héros de mon enfance. Je me lançais dans une aventure extraordinaire : la création d'une librairie ! J'imaginais que le métier consistait à lire et à conseiller des bonnes lectures. J'avais négligé un aspect essentiel : la comptabilité. J'appris à mes dépends qu'on ne s'engage pas dans ce genre de mission sans équipement financier solide. Tout compte fait, la presse convenait mieux à ma conception du développement durable de la lecture publique. Je fermais boutique.

Désoeuvré, curieux et incompétent, je me trouvais alors dans une disposition d'esprit propice à l'exercice du journalisme. Une rencontre opportune avec un idéaliste ajoutée à un échange de bons bouquins autour d'une table firent le reste. La poudre de grand-mère contenait sans doute une dose de perlinpinpin: comme par magie je me suis retrouvé au pays enchanté des livres avec pour seul et unique devoir de les lire et de les faire aimer. Une histoire sans fin.


Jean-Michel Ulmann

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